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Descente de Cap Blanc, un des plus gros canyon de l’île

Publié le 28 septembre 2016

Salut

Le canyon de Cap Blanc est situé dans les hauts de la vallée de Langevin, sur les flans sud-ouest de la Fournaise. Il est réputé et craint principalement pour son débit et son engagement. C’est une des courses les plus techniques de l’île, d’un dénivelé de 600m. Elle est cotée V7-A7-V, soit quasiment la cotation maximale possible pour un canyon. Une marche d’approche dans la jungle donnée en 3h pour un temps de descente de 8h et une marche retour d’1h environ. Soit au total une course de 12h. Un beau bébé. La marche d’approche est réputée difficile et « paumatoire ». Vu les timings proposés,  il est fortement recommandé de la repérer avant d’envisager de descendre le canyon, sous peine de finir de nuit…

En fait ce secteur est un cirque vertical creusé dans le rempart de la vallée de Langevin d’où sortent 7 résurgences. Le rempart fait ses 1000m de dénivelé règlementaires pour la Réunion et ses pentes forment un demi bol vertical. Ce dernier est fermé à sa base par l’encaissement des 7  Bras. En haut du rempart se situe Foc Foc, un « plateau » qui domine, de l’autre coté, la caldeira de la Fournaise. Cet endroit cumule plusieurs records mondiaux de pluviométrie et explique la présence d’autant de résurgences dans Langevin. Celle de Cap Blanc est la plus importante et elle est énorme!

On a fait une tentative  avec une bande de collègues moniteurs il y a deux semaines mais on a effectivement un peu tourné en rond sur l’approche. Du coup on était hors timing et on s’est rabattu sur Bras des Mousses, un affluent du canyon de Cap Blanc qu’on rencontre sur la marche d’approche. Joli canyon qui nous a permit de repérer une grande partie de l’accès à Cap Blanc et la fin de son parcours.

On appelle d’ailleurs cette dernière portion le Collecteur des 7 Bras. C’est un bel encaissement minéral présentant peu de dénivelé mais collectant en tout l’eau de 7 ravines: Bras des Mousses, Coup de Sabre, Pause Café… On ne fait donc que croiser des cascades lorsqu’on le descend. L’endroit est plutôt engagé en cas de crue car il y a assez peu d’endroit où s’abriter. Et les 7  Bras se descendent tous en canyon. Gros secteur vertical et aquatique donc.

Cette fois-ci (dimanche dernier), on est arrivé avec Mélanie et Ju au début du canyon de Cap Blanc dans un bon timing, en 2h15 de marche. Le débit est conséquent mais en cet fin d’hiver, le temps est stable et la rivière est à l’étiage. Bonnes conditions donc même si on se pose quelques questions sur l’état des équipements en place (relais) vu que ce canyon n’est descendu qu’une paire de fois par an…

Le parcours est divisé en 3 tronçons: une partie verticale et sombre dans la jungle, une autre très ouverte sur une immense dalle inclinée et enfin une dernière partie aquatique, encaissée  et plutôt horizontale dans le Collecteur des 7 Bras. Le canyon est équipé « terrain d’aventure », c’est-à-dire avec le minimum d’amarrages nécessaires. L’idée est de laisser le parcours sélectif, au vue de sa difficulté et de son engagement.

La partie dans la jungle présente de belles cascades n’excédant pas 25m. Les vasques de réception ne sont pas profondes et il n’y a donc pas de mouvements d’eau pouvant poser problème. Pas trop de frottement non plus. Il faut juste être bien vigilant à ne pas se faire surprendre par le débit pendant les descentes en rappel. Parfait pour une mise en route.

Cette portion végétale se termine par une belle verticale de 55m, qui frotte quand même pas mal. Cet obstacle donne lui-même sur une dalle géante et ouverte  qui constitue la partie la plus technique et originale du parcours. L’eau l’a en effet creusée d’une gorge peu marquée mais constituée de  multiple petits bassins intermédiaires. Ce sont ces bassins qui peuvent être dangereux car ils abritent souvent de violent mouvements d’eau.

Les descentes en rappel sont donc techniques et la récupération des cordes parfois délicate… C’est la portion la plus exigeante du canyon de Cap Blanc. On a d’ailleurs coincé une corde dans une vasque une fois récupérée du relais. La puissance du courant l’a maillée dans les cailloux et des branches et Ju a du la couper. Il faut donc absolument être en mesure de bien anticiper les trajectoires de rappel et la puissance de l’eau. C’est sur, ya de l’ambiance.

L’ambiance dans le Collecteur des 7 Bras est beaucoup moins verticale et plus aquatique. La gorge fait une dizaine de mètres de haut et présente de jolis ressauts. On progresse debout ou à la nage, avec quelques petites rappels. Avec plus d’eau, ça doit être bien sport. En tout on a mis 5h30 pour descendre le canyon de Cap Blanc. Finalement, ca a été une chouette journée, on en a pris plein des oreilles, les yeux et les cuisses. On reviendra donc pour faire les autres gros « Bras » du secteur, Coup de Sabre notamment. En conclusion, la Réunion est vraiment un endroit magique, qui regorge de trésors (bien) cachés. Et le canyoning est une très bonne façon d’en explorer les recoins les plus reculés et sauvages.

La suite au prochain épisode.

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Yann